L'avantage décisif d'un interféromètre spatial, en dehors de l'accès aux longueurs d'ondes bloquées par l'atmosphère terrestre (notamment l'ultraviolet lointain), réside — du fait même de l'absence d'atmosphère — dans sa capacité inhérente à pouvoir s'asservir à une fraction de longueur d'onde ("cophasage") sur un objet de référence (brillant) plutôt que sur l'objet lui-même, souvent de très faible luminosité (qu'il s'agisse de boucles coronales observées au bord du soleil dans l'ultraviolet, d'étoiles ou de planètes).

Ainsi cophasé et pouvant donc intégrer la lumière sur de longues périodes, un réseau de plusieurs télescopes procurera des images à très hautes résolutions spatiales et de dynamiques (d'images) encore jamais atteintes.
Les méthodes proposées pour accomplir une telle tâche ne sont cependant pas basées sur des technologies aux possibilités couramment admises (les concepts eux-mêmes sont complexes, faisant appel à des notions délicates de cohérence spatiale et temporelle). Plusieurs points critiques dont la nature de la source (extension et complexité) influent sur les possibilités d'asservissement et les performances de stabilité d'un couple de télescopes, mais également sur l'asservissement en cascade de la phase de plusieurs télescopes en réseau. Ces études critiques sont soutenues par l'ESA et par le CNES depuis 1992 et ont permis de mettre en oeuvre le montage d'étude actuel. Il est intéressant de remarquer que la direction suivit par Luc Damé permet d’ores et déjà d’obtenir des résultats jusqu’à 100 fois supérieurs à ceux des stellaires considérés comme les plus performants ! Le risque initial d’une technologie non admise semble donc porter ses fruits...