Durant ces deux années, développement et recherche allaient de paire. Et même si parfois cela pouvait entraîner des problèmes logistiques (tel ou tel ingénieur devant attendre la fin du travail de l’autre), il en est sorti un avantage indéniable: la connaissance parfaite du système et des corrections immédiates des défauts constatés. Ainsi, le projet n’a-t-il pas connu de véritables dérives, ni grossières erreurs. Ceci, ne l’oublions pas, a été grandement favorisé par le contexte de recherche scientifique dans lequel je me trouve. Quoi qu’il en soit, les problèmes connus au commencement du stage I3 était de deux ordres: électronique et physique.
La principale inconnue de l’expérimentation a longtemps été la cause de l’important bruit détériorant la qualité des signaux analogiques étudiés. Une longue série de tests a mis en évidence des problèmes d’isolation de certains éléments de la manipulation (métal contre métal, moniteurs situés à trop courte distance de dispositifs sensibles aux ondes électromagnétiques, etc.), des problèmes de masses flottantes notamment entre la carte DAS-1601 et les capteurs sources. Il est clair, que le succès de la suite de l’expérimentation passait par la suppression de ces facteurs nuisibles. Les problèmes d’isolations ont vite trouvé leur solution: quelques feuilles de papier judicieusement placées ont suffit. Les problèmes de masses, quant à eux, ont nécessité une révision importante de l’interface analogique, ce que je ne manquerai pas d’expliquer dans le chapitre suivant.
D’un point de vue physique, le principal obstacle a été d’empêcher la détection synchrone de compenser le saut de frange. En effet, le principe du saut de frange consiste, lorsque l’on est asservi, à sauter vers une frange adjacente, c’est à dire d’un nombre de pas platine connu, très rapidement de sorte à tromper la détection synchrone et lui faire croire que l’on a pas bougé. Ainsi, on peut se déplacer sur la série de frange sans pour autant perdre l’asservissement. Or, avec l’acquisition de la détection Stanford Research, le saut mécanique s’est avéré trop lent vis à vis des performances de réaction de la détection synchrone : l’asservissement était altéré une fois sur deux.